Skip Ribbon Commands Skip to main content
:

Burkina Faso

International Programs In Agriculture > Purdue Improved Crop Storage > Burkina Faso
 

 Burkina Faso

 

  

ETUDE SUR LE NEIBE- BURKINA FASO

 

La plante objet de cette étude, le niébé [Vigna unguiculata (L.) Walp.], cultivée dans les régions de savanes tropicales d’Asie, d’Amérique et en Amérique du sud, constitue la légumineuse principale,  largement répandue aussi en Afrique au sud du Sahara. A travers toute l’Afrique de l’Ouest, l’exploitation paysanne comporte toujours du niébé cultivé en association avec le sorgho, le petit mil, le maïs ainsi que le manioc, dans diverses conditions climatiques et édaphiques. Cependant, sa culture prospère mieux dans les régions de basses altitudes tant humides que semi-arides (Rachie & Roberts, 1974). Les pays producteurs de référence en Afrique subsaharienne sont le Sénégal, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Cameroun et le Tchad en Afrique de l’Ouest et du Centre, et, le Soudan, le Kenya, le Malawi, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana et le Mozambique (Singh et a­l., 1997) sont en Afrique australe et de l’Est. Culture idéale et facile, la production du niébé est essentiellement l’œuvre de petits producteurs dans les zones semi-arides de l’Afrique de l’Ouest et du centre qui maîtrisent bien le système de production. Cette région fournit les 80% des 7.6 millions tonnes de niébé produits à travers le monde. Du fait de son cycle de production très court, on peut faire 2 productions au cours de la même saison humide dans les zones à pluviométrie supérieure à 700 mm, faire plus de 4 récoltes en système irrigué. La plante, tolérant la sécheresse, se substitue au coton comme culture de rente, dans les aires à faible pluviométrie.

Concernant l’importance de la production, une synthèse de FAO stat (2008) à partir des données de production du niébé de 1998 à 2007, montre que les trois plus grands producteurs en Afrique sont le Nigeria avec plus de 2 000 000 de tonnes par an, le Niger, 600 000 t en moyenne et le Burkina Faso, 400 000 tonnes.

Sur le plan alimentaire, tous les pays en Afrique subsaharienne sont aussi consommateurs de niébé et les plus grands dans le monde se situent au Nigeria et dans les zones côtières de l’Afrique de l’Ouest. Le niébé ne fait-il pas partie des repas quotidiens composant le buffet du prestigieux hôtel Hilton à Abuja (Nigeria)? Il est servi dans les menus de la compagnie South Africa Airways. Ce produit constitue, avec les céréales et les tubercules, l’aliment de base de la population en Afrique de l’ouest, ce qui complémente un régime alimentaire largement à base de céréales dans les pays sahéliens. Les feuilles, les gousses vertes et les graines font l’objet de multiples recettes culinaires et sont consommées, quotidiennement, par la population aussi bien en milieu rural qu’urbain, en accompagnement des céréales, des tubercules ou des racines. Sa grande richesse en protéines de qualité et en calcium (Yilala, 1992), son apport non négligeable en carbohydrates font du niébé un condensé de nutriments, surtout pour les populations les plus pauvres qui n’ont pas souvent accès à la viande ou au poisson. Les variétés Burkinabé analysées par la société agroindustrielle NESTLE ont montré un taux de protéine variant de 21,89 (Kvx61-1) à 26,60 pour KVx 414-22-72 et de carbohydrates allant de 68 % à 72% (Soro al, 1996). La plante joue donc un rôle très important dans le bien-être humain puisqu’il contribue à couvrir les besoins d’ordres énergétique et sanitaire ce qui concourt, en Afrique, à améliorer la productivité des populations à faible revenu. Bressani (1985) ne recommande-t-il pas de nourrir les jeunes enfants, après sevrage, de bouillies préparées en mélangeant un volume de farine de niébé avec trois volumes de farine de céréales pour pallier la malnutrition ? Dans ce contexte de crise alimentaire, les efforts doivent se porter sur les produits à forte valeur nutritionnelle. Aussi, aux USA, le niébé a-t-il été intégré dans le programme de "Controlled Ecological Life-Support System" (CELSS) de l’Agence Spatiale Américaine (NASA) quand il s’est agi de trouver une plante très riche en éléments nutritifs, à croissance rapide et non encombrante, pour accompagner les chercheurs dans l’espace (Nielsen et al., 1997). Cultivé aussi bien pour la consommation humaine qu’animale, il contribue au renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique de l’ouest et du Centre. En effet, les fanes séchées et conservées sont données aux animaux pendant la longue saison sèche en zone soudanienne et sahélienne, période où l’herbe fraîche devient rare. Le niébé contribue donc indirectement à l’accroissement du cheptel dans ses zones de culture.

Légumineuse Fabaceae, les racines sont le siège de réactions symbiotiques avec les bactéries rhizomateuses. Ces réactions et la couverture qu’elle offre contribuent à enrichir le sol en azote et à le protéger contre l’érosion de l’eau.

On note une progression continue et régulière importante de la production depuis plus d’une dizaine d’années chez les trois pays plus gros producteurs en Afrique. Cette croissance est liée à plusieurs facteurs dont :

1. le changement de parité du francs CFA et plus récemment la crise alimentaire et financière qui ont contraint les politiques agricoles à s’orienter vers nos ressources locales et à les exploiter de façon plus efficiente.

2. Les efforts de la recherche : grâce aux efforts conjoints des Recherches nationales incluant le Burkina Faso, le Mali et le Togo, et des structures d’encadrement du milieu rural ainsi que de l’IITA dans les Réseaux niébé en Afrique de l’Ouest (Réseau Niébé de l’Afrique du Centre et de l’Ouest RENACO, PEDUNE, PRONAF..) agissant depuis une vingtaine d’années avec l’appui des partenaires financiers, des variétés performantes correspondant au goût des producteurs et des marchés nationaux et sous régionaux ont été obtenues et diffusées à travers l’Afrique de l’Ouest et du centre. Cette plante a aujourd’hui quitté le statut d’autoconsommation et de soudure pour tendre à se hisser comme une alternative aux cultures classiques d’exportation. La culture intensive pure, garantissant une production plus importante, devient majoritaire par rapport à la pratique de l’association avec les céréales, mil-sorgho ou maïs. En zones centre nord et sahélienne du Burkina Faso, le niébé, moins exigeant en eau et en fertilisant,  s’adaptant mieux à ces zones sèches, aux sols pauvres et a remplacé le coton comme culture fixatrice des jeunes dans leur terroir et porteuse de revenus pour les producteurs. 

Notre programme a en outre procédé, avec divers outils didactiques (champs-écoles, champs de démonstration, tests en milieu paysan…) à des formations pour renforcer les capacités techniques des producteurs en production de semences et de graines de consommation du niébé. Ils sont aujourd’hui devenus de véritables experts en la matière. Enfin, la résolution des problèmes de conservation par le triple ensachage largement diffusé dans toutes les contrées du Burkina Faso, du Niger, du Nigeria et bientôt dans 8 pays de l’Afrique de l’Ouest et du centre dont le Mali et le Togo ne fera qu’encourager la diffusion et l’adoption des technologies à base de niébé.

Ces efforts à la production et le problème de conservation résolu  ont amené le gouvernement du Burkina Faso à décider de faire la promotion du niébé et à le placer parmi les filières prioritaires du pays. Il a décidé de booster encore davantage la production et d’organiser la filière. Lors des Journées de nationales des paysans de 2009, le Président du BF a encouragé chaque ménage à consacrer 1/4ha de son exploitation à la production du niébé.  Un fort courant d’encouragement est en cours pour la production intensive et massive pendant cette campagne agricole 2009. Le Ministre de l’Agriculture a distribué les semences et envisage, de concert avec les opérateurs économiques, racheter la production. Il est donc à envisager une augmentation certaine de la production suite à ce lobbying au Burkina Faso, au Niger où toute la production est rachetée par le Président de la République depuis deux ans, mais aussi au Mali et au Togo, pays voisins, et dans les pays d’Afrique considérés comme consommateurs. Cet accroissement aura l’avantage de contribuer à la résolution des problèmes alimentaires dus à la crise, d’augmenter les revenus des producteurs et des commerçants et autres transformatrices, tous acteurs de la filière, mais aussi la culture du niébé renforcera la fertilité du sol et les potentialités de l’élevage. Malgré les avantages non négligeables cités, il est indéniable que cet accroissement entrainera aussi l’accroissement de l’utilisation des produits phytosanitaires car, même le traitement insecticide minimum recommandé actuellement exige 2 pulvérisations, ce qui constitue un danger pour l’environnement. L’exploitation du gène Bt donnera des variétés moins exigeantes en insecticides et à coût de production moins élevé, peut alors constituer une alternative pour la sécurité alimentaire pour ces millions de personnes et aussi pour la nature.

National Coordinator:  

Clémentine Dabiré (PhD)
01BP476 Ouagadougou 01
République du Burkina Faso
Tél : (bureau) 00226 50 31 92 75
Fax (bureau) 00226 50 31 92 06
E-mail : clementine.dabire@cenetrin.bf
Clementine.dabire@coraf.bf

Partners:

  • INERA